Notre belle France et ses vestiges.

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 Histoire des Ardennes

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Nadya
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Date d'inscription : 04/10/2015
Age : 44
Localisation : ARDENNES

MessageSujet: Re: Histoire des Ardennes   Mar 19 Jan - 19:38

Les premières traces d’occupation régulière de l’Ardenne datent seulement du ve siècle av. J.-C. C’est l’époque de l’expansion des Celtes. L’Ardenne serait d’ailleurs un des rares endroits en Europe où les Celtes ne se seraient pas métissés avec d’autres populations déjà installées. Mais la croissance de la population y fut très lente : en effet, le climat de l’Ardenne est plus froid que celui des régions avoisinantes, les rivières n’y sont pas navigables (à l'exception de la Moselle et de la Meuse), le relief rend les déplacements plus difficiles qu’ailleurs, les terres agricoles produisent peu et, de plus, le territoire est parsemé de landes appelées fagnes où rien ne pousse hormis la sphaigne.
Au Moyen Âge, la forêt d'Ardenne couvrait une vaste étendue de territoire depuis la Vesdre au nord jusqu'à la Meuse à l'ouest, la Chiers et la Moselle, ou tout au moins l'Alzette et la Sûre au sud. Le pagus Ardennensis englobait primitivement tout ce territoire, c'est-à-dire l'Ardenne proprement dite, ainsi que le Condroz, la Famenne, une partie du Luihgau, de la Woëvre et peut-être de l'Eifelgau4.
Dès 839, un comté d'étendue beaucoup plus restreinte fut créé. Vers le sud, il ne dépassait pas les limites du diocèse de Liège : c'est le comté d'Ardenne, qui se divise rapidement5.
Avant le xviiie siècle, la forêt était déjà très exploitée, en raison notamment des modes de construction, de pratiques liées à l'affouage, à l'essartage, au panage et au pâturage, ainsi que de la fabrication du charbon de bois utile au fonctionnement des nombreuses forges qui conféraient à l’Ardenne une vocation sidérurgique : au xixe siècle cette région était en effet l’une des premières d'Europe pour la métallurgie grâce à cette source d’énergie.
C’est à cette époque qu'à la faveur du développement industriel de la région mosane, que l’Ardenne sort de son isolement. On y construit alors à grands frais des voies ferrées et des routes, mais les rivières ardennaises restent sauvages et l’industrie lourde ne peut s’établir qu'aux frontières Nord et Sud de l'Ardenne. L’industrie modifie cependant les paysages, puisque c’est aussi au xixe siècle, pendant l'essor industriel, que l’on introduit les plantations massives d’épicéas, une espèce de conifère originaire des pays nordiques qui s’adapte à merveille aux landes fagnardes, ce sont surtout ces terres peu fertiles qui furent enrésinées. Ces essences servaient surtout au boisage des galeries de mines.
Aujourd’hui, l’Ardenne est pour les régions industrielles voisines un réservoir d’espaces verts et sa première ressource économique est le tourisme.

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Nadya
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MessageSujet: Histoire des Ardennes   Mar 19 Jan - 19:37

Peuplées depuis les temps les plus reculés, les Ardennes doivent leur nom aux forêts qui recouvrent leur territoire. «Arduinna», en langue celtique, signifie «forêt profonde».

Les Ardennes ont été, à toutes les époques, un carrefour et une terre de passage. La Meuse, ce grand fleuve qui les traverse, a toujours constitué une voie d’échanges et de pénétration. Mais que l’on ne s’y trompe pas. Cette implantation, à proximité des frontières du Nord, leur a apporté certes du bonheur et de la prospérité, mais aussi du sang, comme en témoignent les innombrables vestiges de l’histoire militaire et combattante qui jonchent le pays d’Ardenne.

Les cliquetis des armes se sont tus. Et les châteaux forts, les remparts, les fortifications, les forteresses, les églises fortifiées qui jalonnent la campagne et embellissent les villes, ne représentent plus que des éléments du patrimoine.

L’occupation humaine du territoire est ancienne, attestée par des objets vieux de 40 000 ans, découverts à Roc-la-Tour et des vestiges de la plus longue ferme néolithique d’Europe, mise au jour à Mairy. 

Cinq siècles avant J.C., les Celtes se répandent sur la région, laissant, ici et là, des traces de leurs activités et de leurs rites. 

Puis arrivent les Romains, qui construisent des voies, dont on peut suivre encore le tracé à travers la campagne, ou des habitations dont les ruines apparaissent au hasard des fouilles. 

Après la civilisation gallo-romaine vient le temps des invasions. Une période d’épanouissement, liée au développement des cultures mérovingienne puis carolingienne, lui succède. Charlemagne possède dans les Ardennes deux propriétés, l’une à Douzy et l’autre à Attigny. Il y fait, dit-on, de fréquentes visites. 

Plus tard, les Ardennes partagent le même destin que les autres territoires. Elles sont morcelées en une infinité de fiefs d’où émergent deux puissantes familles, les Comtes de Rethel et les Lamarck à Sedan. Les premiers nous ont légué, à travers Charles de Gonzague, la célèbre place Ducale de Charleville-Mézières, joyau du XVIIème siècle, les seconds, le château de Sedan, forteresse réputée être la plus étendue d’Europe.

UN CHAMP DE BATAILLES...
Comme partout, la guerre de Cent Ans, les guerres de Religion, la guerre de Trente Ans sont violentes. Les églises fortifiées de la Thiérache Ardennaise, qui forment aujourd’hui un ensemble unique, rappellent ces époques troublées. 

Tout au long des siècles, le pays est un vaste champ de bataille. De grandes confrontations européennes s’y déroulent. La bataille de Rocroi reste dans l’Histoire de France l’une des plus célèbres. Condé y remporta, en 1643, une victoire éclatante sur les Espagnols. 

1870, en revanche, est une défaite pour la France. La guerre s’achève par un désastre à Sedan. Malgré une résistance héroïque des troupes françaises à Bazeilles, l’armée, encerclée, est vaincue. L’acte de capitulation est signé par Napoléon III au château de Bellevue. 

En 1914, les Ardennes sont à nouveau envahies. Le département est alors occupé totalement par les Allemands qui imposent leur loi avec une implacable rigueur jusqu’à l’Armistice de 1918. Le pays est entièrement ravagé. Il en portera longtemps des séquelles. 

En 1939, l’ennemi franchit une nouvelle fois la frontière, pourtant réputée infranchissable. Les chars de Gudérian parviennent jusqu’à la Meuse à Sedan et butent sur les lignes françaises. Celles-ci finissent par céder, malgré des résistances farouches, notamment à Stonne ou à La Horgne. L’attitude héroïque de certains éléments de l’armée française n’épargne pas l’exode à des milliers d’Ardennais. La liberté perdue est retrouvée en 1944, à la libération du territoire par les troupes américaines.



...UNE TERRE DE LABEUR ET DE CULTURE
Si les Ardennes ont été dans l’histoire souvent meurtries par les conflits, elles ont su aussi tirer profit de leur situation géographique pour bénéficier, au passage, d’éléments positifs des civilisations qui les traversaient, et innover. 

Par exemple, au XIIème siècle, le pays s’est trouvé en pointe avec la Charte de Franchises de Beaumont en Argonne qui a servi de modèle municipal à plus de 600 communautés de la France du Nord. 

Dans le domaine technique aussi, la région a été particulièrement précoce. On y a travaillé le métal très tôt, depuis les Celtes. En 1840, le département était le second producteur français de fer. Dans le secteur de Rethel, l’industrie lainière a été longtemps florissante. Sous l’Ancien Régime, Sedan a été une des capitales européennes du drap. 

Enfin, dans le domaine religieux, le passage à la Réforme des Princes de Sedan en 1562 a fait de Sedan, pour plus d’un siècle, la « Genève du Nord ». La ville, par son collège et son académie, a été un foyer de culture international qui a rayonné dans toute l’Europe protestante. 

Depuis 1945, la paix s’est installée. Durablement. Les meurtrissures des guerres et des invasions ont forgé le caractère des Ardennais. Mieux que d’autres, ils connaissent le prix des larmes. Ce qui les autorise à croire aujourd’hui en un avenir meilleur.

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